Sylvain Dauvissat a grandi au Pays basque où il possède ses attaches. Il vit désormais dans le Pas-de-Calais et y a construit sa vie.
Observateur de la société, il aime la décrire, s’attachant à en traquer les travers mais aussi les petits bonheurs. Il dresse des portraits « hauts en couleur, plein d’humanité, à la sensibilité à fleur de peau, plein de malice ». Les gens qu’il met en scène, dans des récits émouvants, ne laissent jamais indifférents.
En 2023, il écrit Les Pas du père, un roman qui « séduit les lecteurs » avec « une écriture digne d’un roman à succès ».
En 2024, il publie Juliette et autres brins de vie, recueil de nouvelles racontant des histoires dont les acteurs présentent des « bizarreries » qui les conduisent dans des situations singulières.
En 2025, c’est au tour de Rue Jean Jaurès de naitre, mêlant polar et roman social. Il y dépeint à nouveau la société avec un regard engagé.
Rue Jean Jaurès
De retour dans le commissariat de la rue Jean Jaurès où il a fait ses premières armes, le capitaine Aziz Mektoub est confronté à une série de crevaisons de pneus. Il ne prend pas tout de suite la mesure de ces actes de vandalisme qui empoisonnent la vie des habitants du quartier. A priori anodine, cette affaire prend rapidement un tour dramatique, sur fond de tensions sociales et électorales.
C’est dans ce contexte que tente de se construire Toto, un enfant que l’existence n’a pas épargné. Son histoire se mêle à celle des habitants de la rue Jean Jaurès, le poids du passé et du présent pesant sur eux. Ce passé rattrape aussi Aziz Mektoub, déstabilisé par son enquête le conduisant à des pistes multiples, aux rebondissements inattendus. Comment parviendra-t-il à rendre la quiétude à ce quartier meurtri ?
Après Les Pas du père, Sylvain Dauvissat convie ses lecteurs à une enquête policière. Fidèle à sa sensibilité, il y dépeint la société avec humanité, donnant vie à des personnages qui ne laissent pas indifférents. Comme il le fait dire à l’un d’entre eux : « Partout en France, il existe des centaines de rues Jean Jaurès qui sommeillent et qui menacent d’exploser ».
Juliette et autres brins de vie
Juliette est un personnage singulier qui veut faire le bien autour d’elle. C’est sa lubie. Le truc de Jojo le cantonnier est de récolter des bribes de tout et de rien, au hasard de son travail, à condition qu’elles soient de couleur rouge. Marlen n’est pas mieux lotie en s’obligeant à tout faire systématiquement de la main gauche, alors qu’elle est droitière. Quant à Julien, c’est plus fort que lui, il passe sa vie à caresser des portes. Wally, pour sa part, occupe son temps à guetter des annonces SNCF pour des trains dans lesquels il ne monte même pas…
Ces histoires sont des brins de vie, des petits riens du quotidien, quelques bouts de chemin. Ce sont en même temps des récits qui sortent de l’ordinaire et qui interrogent sur la vie et la société. C’est un véritable cabinet de curiosités peuplé des anonymes qui vivent derrière les fenêtres de nos immeubles, de ceux dont on croise le visage dans la rue lors de nos pérégrinations. Chacun possède sa propre extravagance qui se glisse dans l’océan de la routine de nos existences.
Après avoir bouleversé ses lecteurs avec Les Pas du père, Sylvain Dauvissat revient avec un recueil de nouvelles émouvantes, prêtant à sourire ou à réfléchir. Avec un regard d’enfant qui ne l’a jamais quitté, il apporte un peu de baume au cœur.
Les pas du père
« Puisque je vous dis que le souvenir du bruit de ces pas me hante ! Il m’obsède jour et nuit depuis que le drame est arrivé. Il ne me laisse pas en paix. Il n’y a pas une minute sans que je ne pense à ce bébé, mon bébé, celui que je devrais tenir dans mes bras à l’heure qu’il est. Au lieu de ça, c’est un fantôme qui m’obsède jusqu’à la nausée. Aucune mère ne devrait connaitre les tourments que je traverse. Ce n’est pas humain, ça ! Avez-vous seulement une idée des terreurs qui surgissent dans mon esprit ? Mon petit, le sang de mon sang, la chair de ma chair ! ». C’est par ces mots que Cassy témoigne lors du procès où est jugé le meurtrier de son enfant, le père de celui-ci.
Quoi de plus ignoble qu’un infanticide ? Comment remonter aux racines du mal ? Comment raconter l’indicible, ce crime si singulier et qui fait pourtant l’ordinaire d’une cour d’assises ? C’est à ça que s’attache ce roman bouleversant qui se lit d’une traite.
Les pas du père résonnent de toute la pesanteur de la tragédie à laquelle ils conduisent. Où se cache la vérité ?


















































































