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Avr 07

Patrimoine Soissonnais VI

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PIERRES VIVANTES ET LEGENDES…
Fernand Pouillon nous narrait dans son ouvrage Les Pierres sauvages le beau récit d’une petite communauté investissant un vallon sauvage. On comprend derrière ses mots la relation intime entre les hommes et le lieu choisi, entre eux et les pierres dont ils font leur monastère, l’auteur s’inspirant de l’abbaye cistercienne du Thoronet.

Il y a une grande intimité de relation entre les pierres et la nature, entre les pierres et la lumière aussi.
Hier en levant les yeux vers les flèches de Saint-Jean-des-Vignes, notre oeil fut attiré par de subtiles touches de jaune… Dans les recoins les plus inattendus, les giroflées trouvent la capacité à s’accrocher aux pierres et à s’épanouir…
Et un peu comme en lisant Les Pierres sauvages, la petite fleur nous a emmené très loin… En Berry mais aussi en Orient…
Au début du XIXe siècle, des botanistes identifient dans les ruines du château de Montrond (département du Cher), une petite fleur d’une grande rareté poussant sur la colline où se dressent les vestiges de l’ancienne forteresse.
L’appellation commune de cette petite fleur, herbe de Jérusalem ou encore herbe des croisades a peut-être favorisé la diffusion d’une légende, celle d’un chevalier berrichon ayant participé aux croisades, revenu avec une graine de cette fleur coincée sous le sabot de son cheval.
Si l’idée semble plaisante, les conditions de voyage de l’époque excluent totalement qu’un noble berrichon ait pu faire tout ce chemin avec le même cheval chaussé des mêmes fers. Reste qu’en Berry, on se perd toujours en conjecture pour expliquer l’introduction dans la région de cette plante d’origine proche-orientale ou caucasienne.
Le récit qui semble très anecdotique nous rappelle que depuis que l’homme voyage il transporte moults savoirs, moults richesses, des plantes, des animaux… Mais aussi microbes et virus. Il suffit d’évoquer la Grande peste des années 1348.
Notre société, notre époque a voulu et veut tout plus vite rendant un voyage en avion immensément banal, comme la diffusion dans l’instant d’une information qu’elle soit juste ou fausse…
Admirer les giroflées de Saint-Jean faisant preuve de tant d’ingéniosité pour se développer ne flatte pas que l’oeil attentif. Elles nous expliquent que dans notre monde qu’il soit celui du réel ou des légendes tout ne tourne pas uniquement autour de l’homme…
Toutefois, l’équipe du Service de l’Architecture et du patrimoine ne se contente pas de regarder les giroflées de l’abbaye. Dans les semaines, les mois à venir, des ateliers, des animations vous seront proposés autour du végétal